Pour la santé, le climat, l’emploi, …

L’humanité n’avons plus le temps d’attendre : Taxons la spéculation. Avant le 11 décembre.

La négociation sur le budget des 7 prochaines années s’est clôturée aujourd’hui.

L’équipe de négociation du Parlement a fait de son mieux, et elle a obtenu quelques avancées.

Quelques petites avancées

Le Parlement a obtenu 14 milliards de plus sur 7 ans, soit 2 milliards par an (soit une augmentation de 1,5%). Bonne nouvelle, il y aura un peu plus d’argent pour la santé, la recherche, Erasmus… Mais hélas le climat n’apparaît pas dans les programmes prioritaires. Le Parlement a aussi obtenu un objectif d’au moins 30% de dépenses pour le climat et 10% pour la biodiversité. Mais sans augmentation substantielle du budget à long terme, ça ne suffira pas. Le Parlement n’avait jamais obtenu autant. Et pourtant ce n’est pas à la hauteur des défis historiques face à nous.

Cette semaine le Parlement dira donc en même temps qu’il faut 600 milliards pour sauver des millions de vies, et qu’on peut se contenter d’un accord sur 2 milliards.

Je ne peux pas accepter le double discours.

Il y a quelque chose d’obscène à entendre qu’il n’y a pas assez d’argent pour le climat, la santé, l’emploi alors que les marchés financiers battent des records et qu’une petite taxe sur la spéculation rapporterait 50 milliards € par an.

Donc bravo aux négociateurs pour les petites concessions arrachées aux gouvernements.

En particulier concernant la taxe sur la spéculation :

La Commission s’engage à faire de cette taxe une nouvelle ressource pour le budget européen, si elle est adoptée par 10 ou 15 pays en coopération renforcée d’ici 2022.

Sans accord en coopération renforcée, la Commission s’engage à « s’efforcer de faire une nouvelle proposition pour 2024 », que le Conseil mettra en délibération de nouvelles ressources « qui pourraient inclure la TTF » en 2025, pour une introduction envisagée en 2026.

Mais le Conseil l’a clairement dit (notamment dans la lettre de l’Ambassadeur d’Allemagne Clauss du 7 octobre) : il ne peut s’engager que sur les moyens (mettre en délibération), pas sur le résultat (l’adoption de la taxe).

Cette négociation aura donc permis de remettre à l’agenda la taxe sur les transactions financières, et à l’inscrire dans un nouveau calendrier, avec des promesses pour l’avenir.

Le niveau des investissements nécessaires est connu. Ce budget ne suffira pas

Mais sauver la vie sur terre, financer les hôpitaux et l’isolation des bâtiments, ça ne se fait pas avec des promesses.

Le Parlement a voté également aujourd’hui, à 68%, le rapport SEIP sur le financement du Green Deal dont je suis shadow rapporteur (donc responsable pour mon groupe en Commission des budgets), qui dit qu’ « il faut combler un gap d’investissement de 600 milliards € par an », et qui donne des solutions pour trouver ces 600 milliards (désinvestissement fossile, banque du climat etc.), que la nouvelle ressource européenne qui peut rapporter le plus c’est « la taxe sur les transactions financières (TTF) qui peut rapporter jusque 57 milliards par an » basée sur la proposition de directive de 2011 et qui « appelle tous les Etats Membres à se joindre à la coopération renforcée ».

Un accord des pays pionniers pour débloquer l’ambition climat

On n’a plus le temps d’attendre. Attendre une nouvelle proposition en 2024 n’est pas une option. C’est en 2020 que les Etats membres doivent saisir la perche tendue par le Parlement et la Commission et adopter enfin la TTF sur base de la proposition de directive déjà sur la table depuis des années. La négociation sur le budget pluriannuel a montré une fois de plus toute la difficulté d’un accord à 27. Mais en coopération renforcée, des pays pionniers peuvent avancer sans attendre, et aucun pays ne peut les bloquer.

Les 10 et 11 décembre, Mme Merkel, Monsieur Macron et les autres chefs d’Etats doivent adopter les nouveaux objectifs climat 2030 de l’Union. L’ONU, le monde, regarde l’Europe et attend de nous l’adoption d’objectifs ambitieux.

Sans argent frais pour financer l’investissement climat, nous aurons très peu de chance d’adopter des objectifs ambitieux, et encore moins de les atteindre.

C’est pour cela que je continue mon action, avec des alliés chaque jours plus nombreux et plus variés : pour l’adoption par 10 pays ou plus, lors du Conseil des ministres des finances du 1er décembre, d’une taxe sur la spéculation.

Par leur déclaration commune du 18 mai, Mme Merkel et M. Macron ont créé une dynamique très forte pour le plan de relance. C’était “impossible” mais ils l’ont fait. S’ils veulent taxer la spéculation, ils le peuvent aussi. Ils ont fait le maximum pour empêcher l’ancien monde de s’effondrer. Mais il faut sans tarder construire un monde nouveau.

L’équipe du Ministre Bruno Le Maire présente la France comme la championne de la Taxe sur les Transactions Financières #TTF, mais nous ne sommes pas les seuls à avoir des doutes… Le Ministre autrichien des finances, qui n’est pas de ma famille politique, a écrit à 10 ministres des finances pour demander de relancer la négociation sur la base de la proposition de 2011, celle qui peut mobiliser 50 milliards par an. Il précise que si c’est la TTF française, qui exonère 99% des transactions, qui reste sur la table, l’Autriche quittera les négociations.

Pour ces raisons, la pression doit encore augmenter : soyons des milliers à interpeler Madame Merkel et Monsieur Macron sur www.TaxonsLaSpeculation.eu